Interrogé sur le critère qui permettait de reconnaître l’éventuelle grandeur d’un philosophe, Hegel conseillait de laisser passer deux siècles : après quoi, on verrait ce qui resterait de lui. Ce principe peut être également appliqué à l’un de ses interprètes les plus célèbres, Karl Marx. Les deux siècles se sont écoulés et il continue de faire parler de lui, même si c’est de manière plus modeste ces trente dernières années.
Il est certainement difficile de dresser le bilan de ce que son personnage a représenté et représente encore, autant pour l’étendue, la complexité et les tonalités enflammées qui ont accompagné sa proposition de pensée que pour la difficulté à préciser la cohérence des (tout aussi nombreuses) applications politiques qui se sont inspirées de lui.
Dans cette contribution, nous nous intéresserons à deux aspects qui, de l’avis de l’auteur, sont encore aujourd’hui actuels : le caractère paradoxal de sa pensée et sa critique du capitalisme sauvage.
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